Non à la libre diffusion !

Creative Commons (CC-By Jayel Aheram)Certains ont peut-être bondi en lisant ce titre, surtout venant de moi qui suis plutôt pro-libre, de manière générale. Pas de panique, je vous explique.

Il y a une phrase très à la mode, en ce moment, sur Internet, c’est « je / il publie sous licence Creative Commons ». Et moi, depuis quelques temps, j’ai pris une habitude lorsque je la lis : je vais vérifier de quelle Creative Commons on parle. Et qu’est-ce que je constate ? Que si l’auteur ne précise pas, c’est qu’il y a de bonnes chances pour que la licence choisie ne soit pas libre (c’est à dire qu’elle contienne les clauses NC ou ND – le ou étant non-exclusif).

Note : si ces termes sont obscurs pour vous, vous pouvez lire la page Creative Commons à ce sujet. C’est très simple à comprendre. On parle de NC pour Non-Commercial (pas d’utilisation commerciale) et ND pour Non-Derivative (pas de modification).

D’ailleurs, c’est assez révélateur : les gens qui utilisent les licences Creative Commons libres (BY et BY-SA) diront plutôt simplement qu’ils sont « sous licence libre ». C’est le gros problème avec Creative Commons : l’ambiguïté. Et ne nous leurrons pas, aujourd’hui, beaucoup de gens s’en servent pour améliorer leur image (Creative Commons, c’est connu et ça commence à sonner classe, ouvert d’esprit, etc.) sans dire adieu au contrôle de leurs œuvres. En gros, je dis que je suis en Creative Commons, les gens comprennent « libre » mais je refuse qu’on utilise mes œuvres sans mon autorisation quand même.

Attention, je ne crache pas sur Creative Commons. C’est une initiative géniale qui a beaucoup participé au développement de la culture libre (et de son cadre légal, ce qui est très important). Mais n’oubliez pas qu’une grande partie des licences Creative Commons ne sont pas libres, elles sont ce qu’on appelle des licences de libre diffusion.

Roh, mais tu chipotes, libre diffusion, c’est déjà vachement bien non ?

La libre diffusion, oui c’est bien. C’est mieux que le système actuel. Mais concrètement, ça veut dire quoi ? Qu’on ne voit pas plus loin que le bout de son Torrent ou de son Rapidshare. On a le droit de partager les œuvres, mais fondamentalement, on reste un consommateur passif. La seule différence avec le modèle Universal / EMI et cie, c’est qu’on ne viendra plus vous emmerder si vous filez des MP3 à vos potes. Vous allez me dire que c’est déjà un grand pas en avant. Je vous répondrai que ce n’est pas suffisant.

Le problème du modèle actuel (basé sur l’achat d’œuvres à l’unité et le contrôle absolu de l’auteur – et surtout des fameux « ayant-droits » – sur cette œuvre), ce n’est pas qu’il est intrinsèquement mauvais (bon, un peu quand même, mais passons). Il a même plutôt bien marché pendant des décennies. Non, son problème, c’est qu’il ne correspond plus du tout à la réalité depuis des années.

Aujourd’hui, la culture est libre. Ce n’est pas une question de licence ou de conviction. Elle est libre, parce que nous considérons naturellement toute œuvre comme libre, même si elle ne l’est pas dans la loi. Le système actuel de droit d’auteur est archaïque, parce que tout le monde peut devenir auteur d’œuvre (sans aucune considération sur la qualité), que plus personne ne demande l’autorisation avant d’utiliser telle ou telle chanson pour sa vidéo de vacances postée sur YouTube (que j’emmerde, au passage) et que tout le monde s’échange de la musique et des films aussi naturellement qu’on s’enregistrait des compilations sur cassette il y a 20 ans (ce qui était déjà illégal).

Oui mais tout ça, ce n’est pas juste de la libre diffusion ? En quoi une clause ND est-elle gênante ?

On en revient à ce que je disais sur la vie d’une œuvre : la clause ND te replace en position de simple consommateur. Tu as le droit de regarder, de lire ou d’écouter, mais pas touche ! Sauf que dans les faits, il est naturel de s’approprier une œuvre. On pourrait parler de la culture du sampling et du remix. Mais rien que le fait d’enregistrer sa propre version d’une chanson (ce qui est fait un millier de fois par jour sur YouTube que j’emmerde toujours), c’est une modification.

Et non, je ne veux pas avoir à demander l’autorisation avant de grattouiller 4 accords devant ma webcam. Tout le monde ne s’appelle pas Madonna et ne peut pas demander gentiment à Abba si on peut les sampler intensivement (pour faire une chanson médiocre au passage, mais peu importe). Ils répondront d’ailleurs à peu près toujours non.

D’accord, la ND t’oblige à être spectateur passif alors qu’aujourd’hui, on aime bien jouer avec les œuvres. Mais je peux comprendre qu’un auteur ne veuille pas qu’on se fasse de pognon sur son dos et utilise une licence NC.

Ah, « se faire du pognon sur son dos », encore une phrase qui revient souvent… Mais de quoi on parle exactement ? Le problème de la clause NC, c’est qu’elle est extrêmement ambiguë. Qu’est-ce qu’une utilisation commerciale ?

Si un artiste sort un album avec une clause NC, on va spontanément penser que le contrat est clair : vous pouvez partager l’album comme vous le voulez, mais interdiction de vendre un CD gravé, par exemple. D’accord. Mais si je diffuse l’album gratuitement sur mon site Internet qui me rapporte de l’argent par la pub ? Utilisation commerciale ou pas ? L’album ne m’a pas directement rapporté d’argent, mais peut-être que sa présence sur mon site a boosté mon nombre de visiteurs. Et si je joue des chansons en NC dans un bar et qu’on me paie pour ça ? Utilisation commerciale ? Et si on ne me paie pas mais qu’on me file des bières gratos ? Utilisation commerciale ? Et si on ne me paie pas du tout et que je ne bois pas à l’œil ? Le gérant du bar va quand même peut-être profiter de la chanson et gagner plus d’argent. Utilisation commerciale ?

La notion d’utilisation commerciale est tellement vague et sujette à interprétations que la licence en devient dangereuse, vous ne pouvez plus savoir ce qui est protégé et ce qui ne l’est pas, et vous pouvez tourner la licence dans tous les sens. Paranoïa ? Regardez ce qu’en a fait la Sacem lorsqu’elle a décidé qu’elle était compatible avec sa vision du business culturel. Bienvenue dans la libre diffusion façon corporate.

Donc, si je résume, la libre diffusion c’est un moindre mal, mais la culture libre tout court c’est mieux.

C’est à peu près ça. Le problème, c’est que beaucoup de gens entretiennent l’ambiguïté entre les deux (volontairement ou pas, je ne juge pas des intentions). Regardez Jamendo, qui se proclame « plateforme n°1 de musique libre ». Ça sonne bien non ? Maintenant, regardez de près les disques les plus écoutés / téléchargés : on est proches du 100% ND/NC/ND-NC. C’est ça qui est malheureusement réducteur, car la liberté sur une œuvre n’est pas que la liberté de partager. La culture libre, c’est l’idée qu’il n’y pas de hiérarchie entre auteur et public, que l’un n’a pas plus de droits que l’autre, qu’il n’a aucun pouvoir sur lui. Lorsque vous diffusez une œuvre, elle devient la propriété de celui qui la reçoit, que cela vous plaise ou non. Si cela ne vous plaît pas, ne diffusez pas. Faites vos œuvres dans votre coin, et gardez les pour vous. Mais surtout, ne venez pas nous dire ensuite quoi faire avec ce que notre cerveau aura retenu de vos œuvres.

Bien sûr, si l’intégralité des productions artistiques d’aujourd’hui étaient sous une licence type NC-ND, ce serait déjà un énorme pas en avant. Mais la libre diffusion reste, selon moi, un moindre mal. Moindre, certes. Un mal quand même.

Crédit photo : Creative Commons (CC-By Jayel Aheram)

PS : je n’ai pas évoqué la clause SA qui provoque parfois des débats car ce n’est pas le sujet. De mon point de vue, c’est la seule arme dont nous disposons pour ne pas nous faire bouffer par l’immense majorité de productions non-libres.

Des trucs et des machins

SuperFlu (CC-By-Sa Simon Giraudot)Quelques news « en vrac » comme disait sebsauvage avant d’abandonner la rubrique (d’ailleurs tu nous manques, seb, plus d’un mois sans article, revieeeens).

  • Tout d’abord, l’épisode 1 de Superflu avance bien. J’ai fini les couleurs des personnages et j’ai commencé à dessiner les décors. Il me reste donc encore ces décors à terminer et à coloriser, et ça roule. Si je me bouge un peu, ça devrait arriver dans la semaine prochaine.

Qui a dit « ouais tu parles, ça va sortir en septembre » ?

  • GKND4 avance aussi tranquillement. 32 pages écrites + les 2,5 pages de la fin (il me reste à relier les deux – donc à trouver encore une petite dizaine de pages de bêtises). Je ne vous cacherai pas que les RMLL 2012 me semblent être le parfait moment pour lancer la publi 🙂
  • En parlant des RMLL, on m’a engagé pour animer un atelier sur Inkscape (en plus de ma conf). Si un cours du professeur Gee vous intéresse…
  • Trois mois après, toujours pas de résultats pour le concours de la FSF sur le Secure Boot… Mais j’ai reçu un e-mail il y a 1 mois pour me demander de faire une légère modif’ (lexicale), et paraît-il que je suis dans le top 4 des finalistes… J’attends toujours, croisons les doigts 😉
  • Un nouveau mème est né en un éclair : overly attached girlfriend. Grâce à une vidéo complétement disjonctée réalisée par la demoiselle (en fait c’est une parodie d’une chanson de Justin Bieber – je ne la connaissais pas, j’ai écouté par curiosité… Hé bah j’avais rien loupé. Bon, du Bieber, quoi.). Elle a d’ailleurs plus de 17000 followers sur son Twitter depuis… Ralalah, une petite vidéo à la con et 17000 followers, quand certains blogueurs comme moi en gagnent péniblement 250…

Bon, faut dire qu’elle est assez mignonne quand elle arrête d’être zinzin, ça doit aider. Non, je ne suis pas aigri.

  • Effet Streisand, part 1 : vous vous souvenez de mon coup de gueule contre YouTube suite au blocage de ma vidéo qui mélangeait Star Wars et Super Mario ? Hé bien S.I.Lex en parle dans son Copyright Madness de la semaine. Et le plus fun dans tout ça : ma vidéo est disponible ailleurs, si vous l’aviez loupée. Résultat des courses : la vidéo est toujours visible, mais YouTube et ses partenaires commerciaux n’en tireront plus aucun profit. Internet 1 – Fox 0.
  • Effet Streisand, part 2 (plus intéressant) : ceux qui suivent Numérama savent que Guillaume Champeau (le leader du projet) a pas mal bossé pour alerter les gens sur l’opacité du vote électronique aux législatives.

Ouaarf, loool, mais t’es un geek et t’es contre le vote électronique, MDR mais c’est le monde à l’envers, haha, XD, LOOOOL PTDR
(Ceci était l’analyse moyenne du journaliste moyen sur le discours de Champeau – courage mon vieux, la route est longue…)

Après le vote, il avait révélé un document interne de la compagnie (privée et étrangère) qui confirmait les faiblesses du dispositif. Suite à une plainte de la compagnie en question, Numérama a retiré le lien. Oui mais voilà, non seulement maintenant on peut le trouver partout, mais en plus on en parle 10 fois plus et on le lit sans doute beaucoup plus attentivement également Internet 2 – Censeurs-de-tous-poils 0.

  • Mon très british collègue de bureau m’a conseillé un film complétement stupide (et pas british du tout) : Bill & Ted’s Excellent Adventure (profitez-en avant que YouTube ne le vire, niarfniarf). C’est très con, mais très drôle aussi. Et puisqu’on parlait de même, c’est aussi de là que vient l’image du Conspiracy Keanu.

Duuuuuude !

Crédit photo : SuperFlu (CC-By-Sa Simon Giraudot)

Playlist à la recherche d’une idée d’article…

Eels (CC-By Ella Mullins)Voici mon accompagnement musical du jour pendant que je cherche une idée d’article pour le Geektionnerd (pas très inspiré aujourd’hui). Il n’y a même pas un Radiohead dedans alors qu’aujourd’hui ce sont les 15 ans de OK Computer, je sais, c’est honteux, surtout venant de moi.

  1. Heat miser (Massive Attack)
  2. Gone to far (Shivaree)
  3. Chaos (Unkle)
  4. Gabriel (Lamb)
  5. That’s not really funny (Eels)
  6. Nobody home (Pink Floyd)
  7. Angelene (PJ Harvey)
  8. Morning star (Flunk)
  9. Keys to the kingdom (Unkle)
  10. The only thing I care about (E)
  11. Gorecki (Lamb)
  12. Magic doors (Portishead)
  13. Teardrop (Massive Attack)

Ce qui me laisse à peu près 53 minutes pour trouver une idée d’article… Damnéd.

Crédit photo : Eels (CC-By Ella Mullins)

1200 livres avec vous cet été

Uris Library Stacks (CC-By elfon)Cette mystérieuse phrase est extraite d’une publicité que j’ai lue sur Fnac.com (tiens d’ailleurs, mon AdBlock est défaillant sur ce point). Je vous cite l’intégralité de la pub (je ne copie pas l’image, vous connaissez mon profond respect pour les contenus copyrightés) :

Kobo By Fnac :
Liseuse numérique tactile et légère.
1200 livres avec vous cet été !
99,999999999999999 € (au lieu de 129,9999999999999 €)

J’exagère juste sur le nombre de décimales (mais ils me font toujours rire avec leurs conneries de prix psychologiques). Le « by » me fait bien rire aussi, surtout venant d’une société français (mais « par » ou « de », c’est so outdated quoi). Mais bon. Si j’devais faire un article sur les anglicismes à la con, on y serait encore demain (et je suis sûr que d’autres l’ont déjà fait avec brio).

Revenons-donc à mon titre : 1200 livres. Rien que ça. Passons sur le pognon à dépenser pour acheter 1200 livres électroniques (pardon, pour acheter 1200 licences exclusives de lecture selon les conditions écrites en petit en bas). Il y a des livres gratuits, après tout.

Mais 1200 ? Non, sérieusement. Vous avez besoin d’avoir 1200 livres ? Dans votre bibliothèque, d’accord, mais « cet été » ?

J’ai toujours trouvé ça fascinant. Une société où on lit de moins en moins, où la popularité de la littérature se casse tellement la gueule que la crise du disque, à côté, c’est une blague… Et en même temps, on voudrait nous faire croire qu’il est indispensable de se trimbaler une bibliothèque virtuelle avec soi ?

Wouhou, j’ai pas lu un bouquin depuis la sixième mais j’en ai 200 sur mon Kindle ! Yoopy ya !

C’est ça l’idée ? En même temps, s’il suffit de sortir des petits joujoux technologiques dans le vent pour réconcilier le public avec la lecture, pourquoi pas… Je suis sceptique.

Mais c’est un des grands arguments en faveur des liseuses : ça pèse moins lourd et ça prend moins de place. Bah oui, essaie un peu de mettre 15 livres dans ton sac, neuneu. Avec une liseuse, hop ! T’as tout et ça pèse le poids d’un seul livre !

C’est possible… Si vous avez besoin de vous trimbaler 15 bouquins à la fois (notez que je suis de plus en plus gentil, j’suis passé de 1200 à 200 et maintenant à 15). Personnellement quand je pars en vacances, c’est rarement plus de 2 semaines d’affilé, et en 2 semaines je ne pense pas lire plus de 2 bouquins (bon je ne suis pas un gros lecteur non plus, je vous l’accorde volontiers). Et 2 livres dans un sac… Si en plus vous prenez des poches (et vous devriez), le gain est quand même faible.

Enfin voilà, c’était un court article inspiré par cette petite pub de la Fnac… J’espère que le livre papier ne disparaîtra pas de sitôt, quand même. Parce que je ne suis vraiment pas prêt à troquer mes poches à 8€ avec une jolie couverture, des pages qui sentent bon le neuf, qui peuvent tomber par terre, trainer au soleil ou sur la plage pendant des heures et être encore lisibles et en état dans 20 ans… Pour un machin à 100€ (et des bouquins au même prix que les versions papier) qui doit être alimenté, probablement fragile (avec obsolescence programmée, bien sûr) et qui transforme l’achat de livre en achat de licence pour une information électronique aussi volatile que la mémoire de Jacques Chirac…

Sur ces belles paroles, je retourne lire l’Enfant du Temps d’Asimov / Silverberg, en attendant de recevoir Cause commune et Du bon usage de la piraterie que j’ai commandés il y a peu… Tout ça en papier, bien sûr 🙂

EDIT : une petite image qui résume bien ma pensée 🙂

Crédit photo : Uris Library Stacks (CC-By elfon)

Les dessous de GKND

GKND 123-4 (CC-By-Sa Simon Giraudot)GKND est la série d’aventures dérivée du Geektionnerd. Elle raconte les aventures des 3 personnages récurrents du blog, le Geek, le Nerd et la Geekette, tous 3 étudiants en école d’informatique à Grenoble. Voici quelques faits et anecdotes sur GKND, certains peut-être connus, d’autres moins :

  • La série comporte 3 tomes, chacun faisant plus ou moins 45 pages composées de 3 dessins chacune. Un quatrième tome est en cours d’écriture.
  • Chaque début de publication de tome est espacé d’environ 8 mois (le prochain a un peu de retard).
  • Dans leurs versions numériques, les pages sont agrémentées d’un fond coloré qui parcourt toutes les teintes de l’arc-en-ciel en variant légèrement à chaque page.
  • Chaque tome a une couverture d’une couleur différente. Le prochain sera jaune ou orange. Pour les suivants, il faudra jouer sur les nuances…
  • GKND est un rétroacronyme pour « a story about Geeks, Kilobytes, Nerds and Debugging » à l’image du DVD D.A.F.T de Daft Punk. GKND était à la base le diminutif de GeeKtioNerD que j’utilisais (et que j’utilise toujours) pour sauvegarder les propriétés de mon outil de dessin dans Inkscape.
  • Les personnages n’ont pas de nom, parce qu’ils n’en avaient jamais eu besoin sur le blog. Du coup, je suis obligé de ruser sur la façon d’écrire les dialogues (les personnages ne peuvent pas s’interpeler, par exemple). Je regrette un peu ce choix aujourd’hui qui est parfois compliqué à mettre en œuvre, mais ça n’aurait pas de sens de changer maintenant (et ça fait partie des originalités de la série, après tout).
  • Les scenarii sont écrits avant le début de la publi (sous forme de bêtes fichiers-texte). La réalisation est par contre faite « en direct » (une page réalisée par jour).
  • Les versions papier éditées par Framabook demandent une refonte des originaux : suppression des fonds colorés, des signatures à chaque page (sauf sur la dernière), ajout de marges blanches sur les côtés et export des fichiers vectoriels en très haute résolution. La couverture doit également être refaite avec l’arrière et la tranche (dont la largeur est calculée par rapport au nombre de pages).
  • À l’heure actuelle, moins de 200 T1 ont été vendus, une centaine de T2 et une cinquantaine de T3 (chaque sortie boostant les ventes des tomes précédents). À 1€ de royalties par exemplaire (sachant que les ventes données s’étalent sur plus d’un an), vous admettrez que je suis loin de m’en faire un SMIC (bon je ne vis pas de ça donc tout va bien). Mais c’est déjà une belle victoire d’arriver à vendre des bouquins dont la version électronique est gratuite…
  • La publication du tome 4 devait commencer en juin. Suite à un petit retard de ma part dans l’écriture du scénario (pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à interrompre le blog il y a quelques semaines), elle ne commencera probablement qu’en juillet.
  • À l’exception du tome 1, tous les tomes comportent une petite image « bonus » à la fin (non publiée sur le blog), en rapport avec un élément secondaire de l’intrigue.
  • Le GNU du risque avait pour titre provisoire Lost in rotation et pour Licence de la vie, c’était Stallman on the moon (mais les titres en français, c’est mieux non ? 😉 )
  • Richard Stallman himself a déclaré aux RMLL 2011 au sujet du titre Le GNU du risque : « c’est pas un très bon jeu de mot ». Sacré Richard. J’ai hâte de voir ce qu’il dira de Licence de la vie.
  • L’histoire est plus ou moins autobiographique : le Geek me ressemble beaucoup (sauf physiquement). La colocation est par contre plutôt basée sur 2 amis à moi qui vivaient dans une coloc’ de ce style. La Geekette est bien sûr fictive :p
  • Les histoires se passent à Grenoble ou dans la région. Cela pourrait varier à l’avenir (d’autant que je n’habite plus moi-même à Grenoble).
  • Elles ont lieu respectivement en décembre 2010, février 2011 et juin 2011. L’intrigue du tome 4 commencera très peu de temps après la fin du tome 3.
  • L’histoire du tome 4 devait à la base être racontée dans le tome 2. Mais comme elle est relativement complexe, j’ai préféré me faire d’abord la main sur une histoire plus simple (week-end de ski). Le tome 3 a conclu l’histoire du tome 2 et le tome 4 va enfin voir cette histoire réalisée 🙂
  • Le tome 4 sera sans doute surprenant. J’ai essayé d’y mettre plus « d’aventure » sans pour autant sacrifier l’humour qui reste la force motrice de l’histoire.
  • À ce jour, j’ai écrit une trentaine de pages. Le tome sera peut-être un peu plus long que les autres, car je ne sais pas si je pourrai le terminer avec seulement 15 pages (et au passage, je ne sais pas encore vraiment comment il va se terminer :p).
  • J’ai pas mal hésité sur le titre, une fois de plus. Indice : celui retenu est une référence à un troll très courant sur Internet 😉
  • J’ai déjà en tête un synopsis pour le tome 5 et un titre qui déchire tout. J’ai aussi une vague idée de synopsis pour le tome 6 (mais bon c’est à creuser et j’ai le temps avant d’en arriver là…).

Voilà voilà. Et pour finir, vous savez ce que dit un mec qui veut partager ses œuvres en Creative Commons mais qui ne veut pas qu’on les modifie ?

J’ai qu’à Nd…

Quoi Richard ? T’as un commentaire à faire ?

Crédit photo : GKND 123-4 (CC-By-Sa Simon Giraudot)

YouTube, je t’emmerde

Contra-copyright (CC-By Marco Gomes)Ceux qui suivent mon Identi.ca/Twitter le savent, je viens de clôturer mon compte YouTube.

Après 1h40 de retard de la SNCF et un dégât de eaux digne du Titanic dans mon appart’ hier, j’ai eu la bonne surprise ce matin de découvrir ce mail fort sympathique :

Bonjour ptilouk,

La vidéo « Super Mariobi-Wan Kenobros » peut présenter du contenu concédé sous licence par FOX ou lui appartenant. Elle a donc été bloquée sur YouTube.

Cette réclamation a une incidence négative sur l’état de votre compte. Pour en savoir plus sur les règles appliquées à votre vidéo, consultez la page Notification pour atteinte aux droits d’auteur.

Cordialement,
– L’équipe YouTube

Tiens donc ! Pour ceux qui n’auraient pas vu cette vidéo, il s’agissait d’un montage reprenant le combat Obi-Wan™/Qui-Gon™/Maul™ à la fin de La Menace Fantôme™ en substituant des bruits de Super Mario Bros™ aux bruitages originaux. Passablement énervé (surtout que ma patience n’est pas au mieux de sa forme – cf mes deux galères de la veille citées plus haut), j’ai décidé de fermer mon compte. Bon, il faut relativiser, je n’avais que 2 vidéos : celle incriminée et un arrangement perso mixé sur une chanson de Thom Yorke (contenu copyrighté aussi, au passage). Comme YouTube™ a la gentillesse de nous demander pourquoi on part dans son formulaire, j’ai répondu ceci :

Une de mes vidéos parodiant Star Wars avec les bruitages de Super Mario a été bloquée suite à une plainte de la Fox. Un préjudice irréparable, je le comprends bien, puisque 90% des gens ayant visionné ma vidéo ne connaissaient pas Star Wars et ont – évidemment – cru que j’en étais le créateur. Toutes mes plus plates excuses à la Fox, jeune compagnie qui essaie tant bien que mal de se faire connaître malgré les sales pirates dans mon genre qui pillent son répertoire sans vergogne.

Bref, YouTube se rendant complice d’un système de propriété intellectuelle archaïque et privilégiant ses partenaires commerciaux sur ses utilisateurs (sans qui il n’est pourtant rien), je ne peux rester en mon âme et conscience inscrit sur ce site. Sachez tout de même qu’il reste un espoir que je revienne, lorsque Star Wars sera tombé dans le domaine public. Soit dans 250 ans (en étant optimiste), j’imagine. Bien à vous.

Je doute que quelqu’un en ait quelque chose à carrer chez eux (ou même le lise), mais il fallait que ce soit dit. Merde. Quand je pense à tout le pognon que j’ai pu dépenser depuis ma plus tendre enfance pour ces films…

  • Places de ciné en 1997, 1999, 2002 et 2005 – plusieurs fois pour les récents d’ailleurs (fête du ciné, etc.).
  • VHS de l’édition spéciale de 1997.
  • DVD de tous les épisodes (1, 2, 3 et le premier coffret 4-5-6 qu’ils ont sorti). Pas les raies-bleues parce que je suis un con qui ne sait pas apprécier pas la haute-qualité.
  • Un nombre incalculable de figurines, vaisseaux et autres legos Star Wars™ quand j’étais petit…
  • Etc. Etc.

Bref, force est de constater que des œuvres que beaucoup considèrent comme universelles et faisant partie de la culture commune (merde, c’est Star Wars™ quoi) sont toujours défendues comme si la vie des auteurs en dépendait. Et bien vous savez quoi ? Pour moi c’est terminé. J’avais vaguement eu l’idée d’aller voir les versions 3D au ciné (j’ai loupé l’épisode 1 d’ailleurs), mais vous pouvez toujours courir (fallait-il vraiment que je sois fan, moi qui ai pourtant un avis assez mitigé sur la 3D). Plus un sou n’ira de ma poche vers celles déjà pleines la Fox™.

Je sais ce que vous allez dire, je suis un peu naïf d’avoir pensé que ça aurait pu se passer autrement. Bien sûr que je sais que ce genre de truc arrive, mais ça ne fait pas pareil quand c’est votre vidéo qu’on bloque. Surtout que je pense être dans mon bon droit, puisque le droit de parodie est écrit dans la loi française. Mais pas la moindre envie/énergie de lutter contre le vent. Et surtout, je déteste cette façon de tirer avant et de discuter après, façon Hadopi™, présomption de culpabilité oblige. Alors oui, YouTube™, je t’emmerde, je t’emmerde, et j’emmerde la Fox™ et tous ces crevards qui s’accrochent à leurs rentes comme un bébé à son hochet. Vous tous, vous n’êtes rien sans nous. J’espère qu’un jour vous vous serez mis assez de monde à dos pour être obligés de changer d’attitude (parce qu’on commence tous à abandonner l’idée que vous y soyez forcés par la loi, ce qui serait pourtant la meilleure option). Sinon, on fera sans vous. C’est tout.

Et je suis mille fois conforté dans ma vision des choses, de la culture libre et du droit d’auteur en général. Ce genre de comportement me donne envie de gerber, surtout quand je reviens d’un festival sur la culture libre (Tant Libre) où j’ai pu rencontrer et discuter avec plein de gens qui font des trucs géniaux (musique, BD, presse) avec une éthique impeccable et qui essaient de survivre à coups de RSA… L’industrie du divertissement est une verrue, laissons-la crever tranquillement et faisons les choses correctement de notre côté. Il n’y a rien à attendre des rentiers du copyright.

PS : non je ne compte pas uploader la vidéo autre part. Honnêtement, elle est anecdotique et je n’y tiens pas plus que ça, ce n’est pas comme si on m’avait viré le Geektionnerd, quoi. C’est la méthode et le principe qui m’ont fait sortir de mes gonds.

Crédit photo : Contra-copyright (CC-By Marco Gomes)

Are you a jerk?

Money (CC-By-Sa 401K)Le nouveau Humble Bundle est sorti ! Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un pack de jeux indépendants en vente pour une durée limitée au prix que vous voulez (pas gratuit), avec un jeu bonus si vous donnez plus que le prix moyen (petite carotte pour faire monter les achats).

Les jeux ne sont pas libres la plupart du temps (dommage), mais ils sont multiplateformes et sans DRM, ce qui n’est déjà pas si mal. Bref, un bon concept, j’avais personnellement acheté le premier spécial Android (avec World of Goo, Anomaly ou encore Osmos, 3 excellents titres).

Seulement voilà, j’ai un peu tiqué en visionnant la nouvelle bande-annonce : vers 1min30, le sympathique personnage qui nous présente le pack nous explique un concept intéressant…

You pay whatever you want. You can pay a lot or you can pay a very little. But if you pay a little then you’re a big jerk ’cause it goes to benefit charity.

Si je résume, nous pouvons payer très peu (0€ est exclu donc le minimum doit être à 0,01€ j’imagine) mais dans ce cas, nous sommes des « gros cons ». Alors certes, la présentation du pack se veut assez humoristique et ironique (la petite blague sur Linux peut confirmer ça), mais même dit sur le ton de la plaisanterie, ça me dérange un tout petit peu.

Pour moi, cela dénature complétement le concept : si on met en place un système « pay what you want », il faut accepter que certains donnent peu, voire très peu. C’est le jeu. La carotte du jeu supplémentaire si on donne plus que la moyenne est sympa, c’est une petite motivation pour donner plus.

Par contre, dénigrer ceux qui donnent peu, je trouve ça idiot. Si les créateurs du Humble Bundle considèrent que les gens qui donnent peu sont des cons, alors pourquoi ne pas mettre un prix minimum ? Ce serait plus honnête. Là, on donne dans le chantage affectif (avec le petit couplet sur les bonnes œuvres), ce qui est pire, à mon sens.

Ça donne l’impression que le Humble Bundle n’utilise ce concept que pour la bonne pub et la bonne image que ça lui donne (attention je ne dis pas que c’est le cas, je dis que c’est l’impression que ça me donne). Un côté un peu faux-cul.

Ça me rappelle ces entreprises qui veulent faire branchouilles en n’imposant pas d’horaire à ses salariés. Résultat ? Celui qui part tôt est regardé de travers par ses collègues. La pression sociale devient plus écrasante que les horaires imposés et les salariés finissent par rester plus longtemps que s’ils avaient des horaires !

Futé non ? Oui, mais ce sont des méthodes détestables. Si on ne me donne pas d’horaire, alors il n’y a pas d’horaire, point. Si on me dit que je fixe le prix que je veux, alors je fixe le prix que je veux, point. Et je vais même plus loin : je préfère qu’on me dise « c’est X euros » plutôt que « c’est ce que tu veux, mais attention si tu donnes peu t’es un con ». Au moins c’est honnête, on ne fait pas les faux-culs en remplaçant une obligation concrète par un obligation morale déguisée.

Si je me permets de critiquer ce point, c’est que je suis moi-même concerné. Et pour ma part, les choses sont claires : vous pouvez acheter mes bouquins ou me faire un don si vous voulez soutenir mes œuvres sous licence libre (enfin pour le moment vous ne pouvez pas me faire de don mais si l’envie vous en vient, faites-en donc un à Framasoft). Je serais très heureux et vous en serais très reconnaissant si vous le faites. Mais ça ne fait pas de vous quelqu’un de meilleur.

Et celui qui va lire le Geektionnerd en long en large et en travers sans jamais rien donner ou acheter, il ne vaut pas moins que vous. Ce n’est pas un con ou un égoïste. Vous avez choisi de soutenir financièrement, lui non. Peut-être le soutient-il d’autres manières ? Il n’y a pas que l’argent qui aide (vous aidez rien qu’en en parlant autour de vous, par exemple). Et quand bien même n’aiderait-il pas du tout, ce n’est pas grave. C’est ça la culture libre, c’est aussi la liberté de pouvoir en profiter sans contrepartie.

J’insiste sur ce point, car c’est une petite dérive qui apparaît régulièrement dans les cultures libres et alternatives : on veut faire les gars ouverts en proposant des concepts cools, mais on tire la tronche dès que quelqu’un en profite.

Un don motivé par une pression sociale, ce n’est plus un don, c’est une taxe sur la bonne conscience, c’est s’acheter un capital sympathie.

(Bon, je sais, j’ai un peu dévié du sujet car le Humble Bundle ne se revendique pas « libre » ou autre, mais je trouvais que le sujet méritait un peu plus de développement que 4 petits tweets. Et je le répète, c’est une petite critique en passant sur une phrase un peu maladroite. Ça n’enlève rien à la qualité des Humble Bundles et au bon esprit qu’il y a derrière – si les jeux vous tentent, achetez-les, ce sont des valeurs sures 🙂 )

Crédit photo : Money (CC-By-Sa 401K)